Retour aux préparations à la naissance
L’eutonie prénatale, qu’est-ce-que c’est ?
Proche
de l’haptonomie, du yoga, et du tai-chi, l’eutonie
propose une recherche du juste « tonus »,
adapté à toutes les situations de la vie. Cette
recherche améliore son bien-être physique et
psychologique par un travail corporel global
Fondée par Gerda Alexander, l’eutonie s’adapte à chacun en respectant ses limites.
S’alternent
mouvements doux et détente, étirements et r-éveil
des sensations avec des objets (ballons, bâtons, sacs de noyaux
de cerises et de marrons, bûches de bois…), conscience
des différents tissus qui nous constituent (peau, muscles,
os…). L’eutonie se pratique allongé, assis et
debout. Seul/e d’abord, à deux et à plusieurs
ensuite.

Se préparer à la naissance par l’eutonie, c’est avant tout être bien dans son corps de femme enceinte et gérer les inconforts qui y sont liés. Maux de dos, blocages, jambes lourdes, acidité, souffle court, fatigue, stress, troubles du sommeil s’atténuent petit à petit.
(Re)découverte de la région du bassin/périnée qui porte bébé, adaptation de sa posture en fonction des changements de poids et de volume, recherche des appuis au sol, apprivoisement et gestion de la douleur permettent de se préparer à l’accouchement.
Papa est bienvenu pour se préparer avec Maman au grand passage !
Pour en savoir plus,
- Article du Grega, association française d’eutonie Gerda Alexander
- Témoignages de 2 Mamans qui ont connu l’eutonie pendant leur/s grossesse/s
- ML. Lejeune (voir page suivante)
Marie-Louise L. (ML), mère de 5 enfants
ML a découvert l’eutonie lors de sa 2ième grossesse en tant que préparation prénatale spécifique. Lors de ses grossesses suivantes, elle a découvert d’autres approches préparant à la naissance (sophrologie, haptonomie, chant prénatal, préparation aquatique) mais certains principes propres à l’eutonie ont continué à imprégner ses préparations.
(…)
Pour ML, l’eutonie a d’abord été une préparation à porter son bébé en éveillant sa conscience osseuse : découvrir son pubis, son bassin et son petit bassin, sentir la bascule du bassin, garder son transport même si le volume de son ventre augmente. Cela lui a évité des maux de dos et a surpris les professionnels de la maternité qui ont découvert un grand bébé à la naissance alors qu’ils craignaient un bébé prématuré car son ventre n’était pas très gros. Les échographies n’existaient pas à l’époque.
Prendre conscience du trajet de la sortie du bébé l’a aidée pour accoucher en précisant la courbe qui n’est pas dans l’axe de la colonne. Le vagin a une autre place que l’anus.
La douleur des contractions est restée difficile, car elle n’avait pas intégré le principe de prolongement à travers un objet (ici, la table). Principe qu’elle a approfondi lors de sa 4ième grossesse avec l’haptonomie. Prolonger la douleur à travers les mains de son mari dans le sol (depuis le bas de son dos ou de son ventre) et accompagner ce prolongement de sons graves stoppait la douleur des contractions.
Respirer pendant les contractions participait à l’ouverture de son corps.
La position accroupie avec le soutien de son mari derrière a été, selon elle, la meilleure pour accoucher, car l’ancrage des pieds dans le sol et la pesanteur ont facilité fortement le passage du bébé.
ML rapporte les bienfaits de la préparation dans l’eau. Le mélange de stimulation et de détente a eu, pour elle, un effet tonique. Par exemple, lors de mobilisations activo-passives (serrer et ouvrir le périnée).
En ce qui concerne le maternage, ML a découvert avec l’eutonie un meilleur confort pour allaiter. L’appui des coudes sur les accoudoirs du fauteuil permettait aux bras de se reposer et au bébé de se poser. Sentir le fauteuil et le bébé régulait son tonus et transformait ces moments d’allaitement en moments de détente éveillée et de récupération.
En écharpe, porter son bébé sur la hanche était pour elle plus eutonique que sur le ventre.
ML souligne aussi l’apport de l’eutonie comme soutien psychologique sans recherche de cause. Lors de sa 3ième grossesse, des contractions prématurées l’ont amenée à un repos forcé (arrêt de travail) qui a entraîné une forte baisse de son tonus. Quelques séances individuelles en eutonie lui ont permis de rééquilibrer son tonus global.
(…)
Accueillir un bébé est une expérience unique pour ML. Tout en acquérant de l’expérience à chaque bébé, elle a toujours rencontré des surprises.
- Extrait du mémoire « eutonie et maternité », S. Blanckaert, p.17-18 -