Voir d'autres témoignages de naissance à l'Arche de Noé
Ayant
vécu mon premier accouchement à la Maternité (avec le projet d’accoucher à la
maison de naissance) et le deuxième à l’Arche de Noé, j’ai décidé de raconter
les deux car pour nous ils étaient vraiment très différents… Ce sera donc un peu long…
J’ai
entendu parler du projet de la maison de naissance plusieurs années avant
d’être enceinte : une amie étudiante sage-femme m’en avait parlé et depuis
ce moment je désirais y faire naître mes futurs enfants.
Enceinte
d’Amandine, notre première enfant, j’en ai parlé à mon mari Olivier qui a été
séduit par l’accueil que nous y avons reçu et l’atmosphère amicale où on s’est
tout de suite sentis comme chez nous.
Mais vers la fin de
Quand
je suis tombée enceinte de Cyprien, la maison de naissance était pour nous à
nouveau une évidence. Le suivi de la
grossesse d’Amandine avait été un plaisir et m’avait permis de vivre une
grossesse sereine. Cette deuxième
grossesse a été encore plus sereine et il n’y a eu vraiment aucun pépin malgré
la charge de travail importante et de longs trajets tous les jours pour aller
au boulot. Cyprien a aussi un peu
dépassé la date du terme, mais là je me suis remuée afin d’éviter
l’induction : soirées « disco » à la maison avec Amandine et
Olivier, longues marches dans la neige…
Et un matin au réveil j’ai commencé à ressentir des contractions… quelle
joie ! Elles étaient irrégulières
et longues. Ensuite elles sont devenues
plus régulières mais pas très douloureuses.
Le soir, elles étaient là toutes les 3 minutes mais toujours pas très
fortes. J’ai téléphoné à Evelyne afin de
voir ce qu’elle en pensait et elle m’a proposé de me rendre à la maison de
naissance mais sans certitude que c’était le « bon travail ». Une fois arrivée, elle m’a suggéré de me
mettre à 4 pattes et là, ouahh… l’intensité de la douleur était bien plus
forte !! Nous avons donc décidé que je
restais et j’ai gardé cette position pendant plusieurs heures. C’était visiblement la meilleure pour aider
Cyprien à avancer. Sur le lit appuyée sur des coussins, dans la baignoire, sur un tapis
par terre… J’ai rapidement commencé à
pousser des cris timides « aaa… » Mais quand j’ai osé crier plus fort, ça m’a
soulagé et j’ai crié à chaque contraction.
Olivier était vraiment fier de moi et impressionné par cet accouchement
serein. Evelyne était présente tout en
nous laissant notre intimité. Elle avait
toujours la petite phrase d’encouragement dont j’avais bien besoin. Ca faisait vraiment très, très mal mais
c’était fantastique de sentir Cyprien qui avançait dans mon corps et de l’aider
à avancer. J’étais impatiente que la
douleur s’arrête, je pensais à la péridurale pour me soulager mais je voulais y
arriver toute seule ! Mais le
moment le plus impressionnant pour moi, c’est quand la poche des eaux s’est
rompue et que, quelques secondes après, j’ai eu cette énorme envie de
pousser. C’était formidable, mon corps
me disait quand je devais le faire !
L’expulsion a duré très longtemps.
Evelyne et Pascale, la deuxième sage-femme qui nous avait rejoints,
m’ont proposé de changer de position et de m’accroupir sur un tabouret en
demi-lune et de me suspendre à une écharpe accrochée au plafond. C’est ainsi qu’un peu après Cyprien est
sorti… Il a fallu aspirer les mucosités
et lui donner un peu d’oxygène avec un petit tuyau près de son nez car il était
un peu « stone », et puis on s’est reposé tous les 3 pendant 2 heures
dans le grand lit douillet. Evelyne et
Pascale nous ont laissés entre nous tout ce temps et puis elles sont venues me
rafraîchir et aider Olivier à habiller Cyprien.
Il est resté calme, très serein et on ne l’a entendu (un peu) pleurer
que le lendemain matin. Comme on avait
décidé de ne prévenir la famille qu’à notre retour à la maison, on s’est
reposés toute la journée du lendemain et Amandine nous a rejoints
l’après-midi. L’équipe de la maison de
naissance nous a vraiment laissés en famille toute la journée, ne nous
dérangeant presque pas. Evelyne est
venue début d’après-midi pour me recoudre (j’avais eu une belle déchirure à
l’endroit de l’épisiotomie d’Amandine) et ensuite nous avons pu retourner à la
maison.
Merci
à toute les sages-femmes de l’ « Arche de Noé » de nous avoir permis
de réaliser ce rêve…
Olivier et Maryline