Les jours avant
la date du terme furent très longs surtout que j’avais déjà très souvent des
contractions, indolores, mais qui me faisaient penser que tu n’allais plus tarder.
Le terme était
prévu le 10 novembre et ce jour là, ce sont des contractions un peu plus fortes
qui m’ont réveillée à 4h du matin. Pour le moment, chaque contraction me fait
sourire, serait-ce le grand jour ??
Je laisse
Corentin dormir et je continue de me reposer sans savoir vraiment me rendormir.
A 9h, on a
rendez-vous à la maison de naissance, ça tombe bien. Evidement, la valise est
dans le coffre. Bénédicte m’ausculte et me dit que c’est peut-être mon travail
qui commence mais mon col n’a presque pas bougé. Ce n’est donc pas pour tout de
suite, elle nous propose donc de revenir vers 21h pour faire le point avant la
nuit sauf si ça s’arrête.
Corentin va
travailler et me dépose à la gare, je reprends le train pour Ciney.
A la maison, les
contractions continuent doucement sans trop me gêner encore. Je fais la
vaisselle, quelques courses au magasin du coin et prépare mon gâteau préféré.
J’essaye de me
reposer mais les contractions me réveillent, en plus je n’ai vraiment pas envie
de dormir ! Je me sens en pleine forme.
Fin d’après-midi,
j’appelle Corentin pour être sûre qu’il rentre à l’heure. Il a l’habitude de
faire des heures supp. mais
là j’ai besoin de lui.
Au cours de la
journée, les contractions se sont renforcées et rapprochées. A chacune d’elles,
je me plie en me tenant à une chaise.
Corentin rentre
et je prépare à souper, je n’arrive pas à manger.
J’appelle
Bénédicte pour voir si je ne peux pas venir plus tôt, nous arrivons donc à 20h
à la maison de naissance.
Elle m’ausculte
de nouveau et me dit que je suis à
Par contre, mon
col n’est pas centré sur la tête du bébé et il faut donc tiré sur le col pour
le recentrer, aïïee.
Elle nous
installe dans la chambre de derrière. On dépose toutes nos affaires et je
trouve ma place sur le ballon sur lequel j’ai déjà passé de longues heures
pendant ma grossesse. Elle allume les bougies, la pièce renferme une ambiance
calme, chaleureuse, de petit cocon.
Je ne me rends
pas encore compte que tu vas arriver.
Quelques heures
passent et je trouve ma place toujours sur le ballon et à chaque contraction,
je me suspends à l’écharpe qui est attachée au plafond.
Marie-Christine
prend le relais. A minuit, je suis à 7cm !! Ca avance super bien.
Par contre, les
heures qui suivent me paraissent une éternité. La fatigue commence à se faire
sentir, la faim aussi. Je mange un biscuit qui revient aussi net..
A un moment, je
me mets dans le lit, je me sens complètement paralysée par la douleur, clouée
au lit. A chaque contraction je me balance, je respire profondément et je
regarde la lumière de la bougie qui bouge sur le mur. Je me plonge dans cette
lumière et je me sens ailleurs, déconnectée ; l’image qui me vient est
celle d’un feu de bois sous un ciel étoilé.
Les contractions
s’intensifient encore, les heures passent, la fatigue se fait de plus en plus
sentir. J’ai l’impression d’être dans une course sans fin, je n’y arriverai
pas ! Je ne sais plus quoi faire. Corentin et Marie-Christine m’encourage,
me rassure. C’est dur, c’est trop dur… Je n’aurais jamais cru que ce serait si
difficile, j’ai mal !! J’ai l’impression que je vais tomber là, je vais
mourir… J’essaye de profiter de chaque pause.
Vers 4h30,
Marie-Christine me propose de marcher un peu, de faire les escaliers pour faire
avancer les choses. Je fais un aller-retour jusqu’en bas puis revient sur le
ballon. Pourvu que ça finisse vite. Elle me propose de me mettre à 4 pattes
dans le lit. Très rapidement, je sens que ça change. Une sensation étrange
m’envahit, serait-ce ça l’envie de pousser ? De toute façon je ne peux pas
lutter, je pousse. Marie-Christine me rassure. Je pers la poche des eaux, le
bruit est assez impressionnant.
Après quelques poussées, Marie-Christine me propose de sentir ta tête
avancer du bout des doigts. Wouaww, tu es là, quel
réconfort !! A chaque poussée, tu avance un peu plus, c’est magique. Je
donne tout ce qui me reste de force, j’ai l’impression de courir en pleine
tempête, contre le vent et puis d’un coup tout se calme et un cri ! C’est
le tien, c’est toi Lucie, si petite. C’est ton papa qui t’a pris et qui te pose
délicatement sur moi. Que tu es belle ! Les larmes coulent. Je te découvre
enfin, après 9 mois de vie ensemble. Merci pour ce beau cadeau que tu nous fais
d’être parent.
Les jours et même
les semaines suivantes, je fus partagée entre la révolte et la joie.
Je n’avais jamais
pensé que ce serait difficile, douloureux. J’avais complètement idéalisé ta
naissance en me disant que je trouverais des moyens, des positions pour ne pas
avoir mal. Quelle belle illusion…
Mais à refaire,
je referais pareil parce que j’ai vraiment l’impression de m’être approprié ta
naissance, je t’ai mise au monde !
Merci à
Bénédicte, Marie-Christine et Evelyne pour leur suivi, leurs bons conseils,
leur présence discrète mais rassurante. Parce qu’elles m’ont permis de vivre
pleinement ce moment si important de ma grossesse et surtout de mon
accouchement. Merci, mille fois merci.